Projet Tandem Jeunesse #9mystère au jardin
Réalisé par...
Floraly-flo illustratrice
Informations
Résumé
Texte
Chapitre I
Un bienheureux jardin
Tous les voisins enviaient le jardin coloré et lumineux de Mme Claudia. Mme Claudia en prenait grand soin et s’en occupait tous les jours. Elle adorait chouchouter ses légumes et ses fleurs.
Mais approchez ! Je vais vous dire un secret. Mme Claudia était loin de se douter que sur ce petit bout de gazon frais, vivaient des êtres farfelus à la langue bien pendue ! Elle ne savait pas que, depuis bien longtemps déjà, son jardin était un Royaume enchanté où chacun avait élu domicile sans même demander son accord !
Devant l’entrée, il y avait le territoire des Nains. Ils s’étaient mis dans l’idée de garder le domaine et de dissuader quiconque d’y pénétrer au risque de subir leur terrible colère. Les nains souriaient tout le temps. Ne vous y fiez surtout pas ! Car derrière cette joyeuseté affichée se cachait un caractère grognon. Romus, leur chef était le plus hargneux de tous. Les nains portaient d’affreux objets de torture : des haches, des râteaux et des ciseaux dont leur utilité vous ferait frémir d’angoisse. Ils étaient effrayants malgré leur barbe blanche, leur teint rose et leur bonnet rouge. Mieux valait ne pas trop s’en approcher.
Derrière la maison, le potager abritait les légumes préférés de Mme Claudia : salade, tomates, carottes, patates. Cracotte la carotte aimait commander le potager. Elle disait qu’elle était la plus belle et la plus fine grâce à sa silhouette bien proportionnée. La regarder vous donnait bonne mine et elle possédait un don particulier pour mener les discussions : l’amabilité.
Quant aux fleurs, elles s’étaient éloignées de toute cette agitation, bien trop soignées pour se fatiguer à papoter. Parfumées et séduisantes, leur seul but était d’être admirées et arrosées d’une brise légère. Objet d’admiration et de contemplation oisive, les fleurs semblaient vivre dans une autre sphère et ne s’occupaient guère des affaires étrangères.
Tout ce petit beau monde avait promis de rester à sa place et de ne pas franchir les limites de chacun, sous peine d’une révolte générale. Tous s’étaient alliés pour garantir l’harmonie du jardin, offrant à sa propriétaire un repos amplement mérité. Au milieu du jardin, un vieux chêne trônait, majestueux et de fière allure, témoin de la paix du Royaume. C’est là, dans son tronc, que de drôles de petites créatures magiques habitaient. Et c’est là que notre aventure commence…
Chapitre II
Les Poininis
Les Poininis sont des petits pois tout vert. Mais pas n’importe quel petits pois ! Ils étaient gentils et serviables. Ils adoraient rendre service et aider aux tâches domestiques du jardin : ramasser les feuilles et arracher les mauvaises herbes. Malgré leur petite taille, ils faisaient beaucoup de choses. Bien dodus et tout en rondeurs, ils passaient leur temps libre à lire devant un bon thé. Tous les soirs, ils faisaient la fête et chantaient leur poème sacré : Poininis et Compagnie.
Cette comptine avait été créée en des temps reculés, pour accueillir la Perle Courage. Brillante, resplendissante, elle était belle et bien entendu, elle détenait un pouvoir magique. Porter bonheur et exaucer tous les vœux de celui qui la porte. Elle naissait d’une goutte de pluie et se transformait en émeraude. Les petits pois en avaient bien besoin et chaque vœu était exaucé pour le bien-être de la communauté. C’était à la charge du petit pois bijoutier de récupérer la précieuse perle et de la sertir en collier tout en lui soufflant des rêves de paix et de sérénité.
Selon la Légende de la Volonté, une goutte de pluie tombait sur Terre à la suite du vœu d’un enfant malheureux qui avait perdu un être cher. Cette goutte, protégée des étoiles, était la plus pure et la plus magique qui soit car elle abritait la prière d’un cœur courageux. Une fois devenue émeraude, le bijoutier sorcier pouvait la recueillir et lui apporter tout l’amour dont elle avait besoin pour accomplir sa destinée. La Reine la portait en pendentif et devait la protéger.
La Perle Courage apportait prospérité aux Poininis et exauçait non seulement leur vœu mais aussi la prière de l’enfant qui avait versé des larmes de tristesse. Personne ne devait déranger le pois magicien pendant le processus de fabrication du collier.
C’est ainsi qu’il vivait à l’orée de la forêt, dans une petite cabane en brindilles. Et cela tombe bien car en ce début d’automne, la saison était idéale pour confectionner le bijou de la Reine. Sa fille, la Princesse Minipois devait succéder au trône dans les tous prochains jours. Les bruits couraient que la Reine allait lui offrir la Perle Courage en cadeau.
Chapitre III
La disparition
Studipois, l’apprenti de Magipois devait se lever très tôt ce matin. Il avait beaucoup de travail et devait aider le magicien bijoutier à confectionner le Grand Collier des Poininis. Studipois s’était dépêché mais lorsqu’il arriva devant la cabane de son maître, la porte était grande ouverte et …Qu’est-ce ? Par mille milliards de petits pois ! Tout était sens dessus dessous !
Quand Studipois réalisa à quel point l’heure était grave, il eut comme un mauvais pressentiment et se précipita vers la bibliothèque. Il avait inventé un faux-livre en bois, décoré de motifs arabesques et de lettrines. C’était une boîte dans laquelle le Magipois avait caché la Perle Courage. Mais la boîte n’était plus là. Disparue elle aussi. Paniqué, affolé, Studipois se mit à courir dans tous les sens. Il n’aimait pas être sous pression. Il criait, pleurait, tapait du pied ! Que faire ? Si les Poininis apprenaient la disparition du Magipois, ce serait la catastrophe.
-Oh purée de pois, oh purée de pois, que vais-je faire ?
Minipois qui passait par là, entendit l’expression maudite et vint à la rescousse :
-Que se passe-t-il mon ami ?
-C’est horrible Princesse ! C’est la panique ! Oh nom d’une barbe à pois ! La perle a disparu, le mage aussi. Le monde est fou…
-Calme-toi enfin, il ne faut surtout pas attirer l’attention des autres.
-Comment allons-nous faire ? La Reine veut son collier le plus vite possible et elle voulait vous l’offrir pour votre Annipois ! …Oh zut ! Ce devait être une surprise ! J’ai vraiment la poisse !
-Effectivement, c’est un problème de poids. Mais ne t’inquiète pas Studipois, nous allons résoudre ce mystère. Veux-tu m’aider ? Je n’y arriverais pas toute seule et nous devons agir vite.
-Oh oui Princesse ! J’aime bien me rendre utile. Avec un peu de chance nous serons rentrés à temps avant que les autres ne s’en aperçoivent ! Dépêchons, dépêchons, de supers pois soyons…
Sur cet air enjoué, ils partirent tous les deux en catimini. Minipois avait bien son idée sur celui qui avait fait le coup mais comme notre histoire se passe dans un Royaume diplomate, elle se devait d’abord de mener l’enquête au jardin. Personne au Pays des Poininis ne devait apprendre la triste vérité. Ce serait le chaos. Elle imaginait déjà les disputes royales, l’affolement du peuple et la révolte générale. Une armée de pois prête à défendre ses droits ! Oh là là… Ce serait la guerre dans le jardin ! Les pieds de salades ratatinés, les fleurs piétinées ! Romus profiterait sûrement de tout ce tapage pour se faire la malle. Mais la chose était évidente et bien malheureuse : Magipois avait bel et bien été kidnappé et la Perle Courage aussi.
Chapitre IV
Un vrai mystère
Arrivés au pied du chêne, Minipois et Studipois s’interrogèrent. Par où commencer ? C’est alors qu’une petite voix toussota :
-Excusez-moi mais vous m’écrasez les gambettes !
-Oups pardon Madame la Pâquerette, je n’ai pas fait exprès, s’excusa Studipois.
-Que faites vous par ici, vous êtes en dehors de votre territoire, sacré bon sang de bonsoir !
-Je suis Minipois la princesse des Poininis et voici mon ami Studipois. Notre mage a disparu. Pourriez-vous nous éclairer ?
-Et bien si vous voulez savoir si nous sommes sorties se promener par chez vous et bien la réponse est non.
-C’est que tout le Royaume sait que notre Perle bien-aimée porte bonheur à celui qui la porte et comme vous vous fanez. Peut-être avez-vous eu l’idée d’emprunter...
-Je vous arrête tout de suite, Mademoiselle. J’en ai ras la casquette d’être accusée de racket ! Nous les fleurs, notre seul défaut est de nous vanter. Est-ce là un crime que nous devons faire chanter ? Non mais, nom de nom ! C’est un sacré juron que vous nous faites là ! Certes nous sommes chipoteuses mais nous ne sommes pas des voleuses !
-Oh mille excuses Madame la Pâquerette, je ne voulais pas vous offenser, vous et vos amies. Il est vrai qu’après mure réflexion que vous ne pouviez pas mettre au point un tel complot.
-Et bien je suis éblouie par tant de lucidité, chère Minipois ! Mais laissez-moi vous contredire : je ne suis pas une pâquerette mais une violette. Et permettez-moi d’ajouter que vous êtes des petits pois bien maladroits ! Adieu je n’ai que faire de vos misères !
Et la petite fleur s’éloigna, avec son air pas très content. Il était temps de plier bagage et d’aller du côté de chez Cracotte la carotte. Peut-être que la discussion passerait mieux car sacre bleu, la diplomatie ce n’était pas de la tarte ! C’était compter sans Berthe la violette dont les pétales étaient bien bavards. A peine eurent-ils fait demi-tour en direction du potager que Cracotte hurla de bon aloi :
- On ne fait pas de salades avec des petits pois ! STOP !
Minipois, choquée, ne se doutait pas que Cracotte allait tant se vexer. Elle qui était réputée pour sa civilité, la voilà qui devenait pleine d’agressivité.
-Mais Cracotte ne vous énervez-pas !
Studipois avait pris la parole car Minipois semblait apeurée. Elle lui laissa le soin de mener les négociations et écouta attentivement :
-Et bien si, il y a de quoi ! Je vois d’ici votre imagination ! Pour des petits pois vous avez un culot bien démesuré et cela me déçoit. Mon peuple n’a rien volé du tout.
-Je veux bien vous croire. Mais tout de même c’est drôlement bizarre cette affaire ! Comprenez notre situation, la Perle est notre seule bénédiction. Et nom d’un petit pois tout cru, le potager aussi sera perdu ! Sans elle nous sommes cuits ! Oh c’est la catastrophe !
Et Studipois reprit sa litanie fatale :
-Oh purée de pois, nous ne pouvons pas nous faire écraser, il faut trouver le coupable. Ca ne peut-être que vous ! Nous sommes en pleine période de ratatouilles !
-Alors là, je ne vois pas le rapport ? s’excusa la carotte pour le moins perplexe.
-Vous avez volé notre Perle pour faire le vœu de ne plus jamais être passés au mixer ! Voilà la vérité !
Cracotte en devint rouge comme une tomate ! Toma l’avocat qui avait accompagné Cracotte pour cette discussion musclée, prit la défense du potager et répliqua :
-Dis donc. Vous là. Le petit pois qui aboie. Je ne vous permets pas de nous accuser ! Il faut des preuves avant d’attaquer. Attention ! Vous frôler l’incident politique. Dois-je vous ressortir la Charte des légumes polis, signée par tous les légumes et fruits du potager, dans laquelle nous nous engageons à respecter le bien d’autrui ! Et…et…et
EH OH, EH OH, ON A BEAUCOUP D’BOULOT…
EH OH EH OH EH OH EH OH EH OH, EH OH
EH OH EH OH,
EH OH, EH OH, Y’EN A DANS L’CIBOULOT.
Chapitre V
Le complot des nains
L’avocat en perdit ses mots sous le coup de l’émotion. C’était deux nains qui chantaient et se rendaient d’un air guilleret vers leur repère. L’un d’eux portait un balluchon sur son épaule. Ils étaient bien trop enthousiastes, songea Minipois. Et surtout ils n’étaient pas très discrets ! Cela ne présageait rien de bon. Tous se regardèrent et même là Studipois sut garder son sang froid. Cracotte chuchota :
- Quelle galère…je crois que nous avons trouvé les coupables !
Hop sitôt dit, sitôt fait, Minipois et son ami se transformèrent en boules d’herbe et roulèrent en silence jusqu’au domaine des affreux nains.
-Ah vous voilà enfin ! Ça fait des heures que je vous attendais ! Avez-vous kidnappé le Magipois ?
-Oui chef ! Il est là !
- Amenez-le-moi !
Les nains ne ménagèrent pas le vieux sage et Magipois tomba de tout son poids sur le sol dur et caillouteux.
-Toi, ne discutes pas. Tu vas fabriquer MON collier. Je le veux en chaîne de métal. Et que ça saute !
Magipois aurait pu protester mais il avait pieds et poings liés. Il reconnut cependant la bonne odeur de petits pois et même s’il n’arrivait pas à croire que ses compagnons d’infortune soient là, il fit parler Romus :
-Pourquoi tant de raffut ? Je ne vois pas en quoi la Perle vous servira ?
-Hé hé. Ton cerveau minuscule n’est pas assez futé pour comprendre ce que je vais oser !
-Essayez toujours ! ironisa Magipois. Au point où il en était, autant mettre les pieds dans le plat !
-Moi Romus, Maître des Nains, j’en ai assez de cette vie de chien ! Tout ce que nous faisons est vain. Je veux du pouvoir et de l’entrain. Avec les humains, c’est toujours le même refrain ! Nous surveillons leur terrain. Mais moi j’ai soif de conquête et je veux mon pain ! Et oui, grâce à la Perle, je pourrais tout réduire en esclavage, vous et votre sale petit air de saint. Le jardin entier sera entre mes mains ! L’heure est venue d’acclamer la force des nains. Et je compte bien aller plus loin. J’appellerais tous mes voisins nains et avec eux nous marcherons sur les terres, nous partagerons les gains. Plus besoin de travailler, je pourrais me la couler douce pendant que vous trimerez jusqu’à la Saint Glin Glin.
Devant cette envolée poétique, Minipois commenta que tout ceci était bien malsain mais reconnut que le plan de Romus était divin. Il ne fallait pas perdre de temps et trouver un moyen pour déjouer cet odieux complot.
Chapitre VI
L’espoir vient des enfants !
Les rumeurs allaient bon train ! (Oh pardon chers lecteurs ! il semblerait que les nains aient déteint sur mon langage…)
Les rumeurs avaient vite fait le tour du jardin, si bien que lorsque Minipois convoqua tout le gratin, chacun y allait de son plan pour sauver la Perle. Que ce soit Cracotte, Toma, Berthe ou la Reine des pois, tous convinrent qu’il serait difficile voire impossible de récupérer la Perle Courage. Malgré la bonne volonté et l’envie de se battre, tous baissèrent les bras car il faut bien l’admettre :
-« La raison du plus fort est toujours la meilleure ! » Les nains l’ont prouvé tout à l’heure !
-Ah bon ! Depuis quand ? demanda Clara qui cachée, derrière le chêne, avait écouté la conversation affolée des petits pois. Elle enchaîna :
-La loi du plus fort ne fait pas l’unanimité mais c’est l’unanimité qui fait la loi ! Vous êtes beaucoup plus nombreux que les nains ! Vous pouvez gagner. Je vous aiderais.
Tous les Poininis regardèrent cette grande gigue qui n’avait pas la langue dans sa poche ! Intrépide la fille ! De quoi faire frémir les nains et les remettre à leur place !
Impressionnée, Minipois prit la parole :
-Que fais-tu là ? Qui es-tu ?
-Je m’appelle Clara. Je suis la petite fille de Mme Claudia. Je viens l’aider à s’occuper du jardin pendant les vacances. Elle est très âgée et fatiguée. Elle ne peut plus se baisser pour arroser les fleurs. Et elle dort beaucoup. Ma pauvre grand-mère, je suis triste pour elle…
La Reine des pois, attendrie, prit la plus grave décision de son règne et de sa vie :
-Et bien Clara, écoutes-moi. Si tu nous aides et que nous pouvons te faire confiance pour garder le silence, alors je te ferai le plus beau des cadeaux.
-On m’a toujours apprit qu’il fallait donner un coup de main sans rien attendre en retour.
-C’est une très belle attention, en effet. Mais ce cadeau est précieux et magique. Grâce à notre Perle, tu pourras faire un vœu qui s’exaucera.
-Je veux vous aider, dites moi comment faire pour récupérer la Perle ?
-Tu es tellement grande que tes mains font la taille des nains. Ce sera très facile pour toi. Exiges qu’il te rende Magipois et la Perle. Si Romus refuse, pose-lui une devinette. Il est vaniteux et il adore jouer.
-Sinon tu le menaces de jeter tous les nains à la poubelle ! A la déchetterie et on en parle plus de ces nains de malheur ! Mais c’était là la solution d’un Studipois un poil tatillon et quelque peu sournois.
-Ne vous inquiétez pas. Je ferais de mon mieux pour que les choses s’arrangent. Vous retrouverez votre Perle magique, mes petits pois mignons !
Chapitre VII
Tel est pris qui croyait prendre.
Romus jubilait en tenant le collier. Il était si heureux que cette perle précieuse lui appartienne.
-Quelle merveille, quelle beauté, quel éclat ! Parfait pour mon coup d’état !
-Ne vous réjouissez pas trop vite, Monsieur le nain…
Romus chercha d’où provenait cette voix.
-Là-haut, Monsieur le nain.
En voyant Clara lui faire coucou, Romus faillit en perdre sa barbe ! Par les moustaches de Merlus, une humaine avait trouvé son repère de voyou !
Clara ne lui laissa même pas le temps de reprendre son souffle qu’elle déballa aussitôt le dessert :
-Je peux employer deux méthodes. La manière douce ou la manière forte ! Soit je reprends ce que tu as volé en cassant tout sur mon passage, soit tu choisis de jouer avec moi. A une seule condition, si tu perds, tu me donnes ce que tu as pris aux petits pois. C’est toi qui décides mais attention parce que les caprices de petite fille, ce n’est pas du joli joli !
-Pour qui te prends-tu pour venir oser me troubler dans mon élan ?! Crois-tu qu’une petite humaine pourra déjouer mon plan ? Je n’ai cure de tes prétentions et je n’aspire pas vraiment à les prendre en considération !
-Très bien, Monsieur le nain !
Clara afficha un sourire coquin et se mit à taper du pied, à sauter…si fort qu’elle fit trembler les nains qui ne tenaient plus debout sur leurs pieds ! Certains en perdirent l’équilibre, tandis que d’autres jaillissaient de leur terrier, ahuris. Même les oiseaux en tombaient de leur nid !
-Et je peux continuer ainsi toute l’après-midi ! Cela ne me dérange pas ! Et demain je reviendrais. J’arracherais vos outils et je les jetterais à la poubelle !
-Bon, c’est d’accord. Quelle est ta devinette ? Je suis tellement malin que tu en auras du chagrin !
La fillette sourit et repensa à la légende de la Perle. C’était tellement important pour les Poininis. La cause en valait la peine. Et ces petits êtres étaient plein de volonté. Ils méritaient vraiment d’être sauvés.
-Mon premier est l’action de prendre ce qui ne nous appartient pas. Mon deuxième est un pronom personnel. Mon dernier est une boisson chaude qu’on aime boire l’hiver. Mon tout est une qualité qui sert à avancer et à persévérer.
Romus n’avait pas l’air très emballé. Devant son manque d’inspiration, Clara l’aida :
-Elle est facile et je vous ai même donné une des réponses dans l’énoncé !
Dépité, Romus dut se plier à l’évidence. Il avait perdu et devait rendre à Clara l’objet tant convoité. Le Magipois avait réussi à filer lorsque, déconcentrés, les nains admiraient la Perle d’émeraude qui pendait au cou d’un Romus triomphant. Il en avait profité pour se glisser furtivement dans un buisson, persuadé qu’une fois accomplit sa corvée, les nains allaient le manger !
Romus envoya tout boulé !
-Tu as gagné pour cette fois ! Mais je ne prendrais aucun répit et je continuerais la chasse ! Je te préviens ! Oh ils peuvent se réjouir les petits pois. Mais quand ils s’y attendront le moins, je frapperais encore plus fort ! Riez, riez, moquez vous. Mais rira bien qui rira le dernier ! Parce que je n’ai pas de pitié.
Et sur cette tirade lyrique, il s’enfuya, sans aucun respect pour la Perle qu’il lança par-dessus son épaule. Heureusement Clara la rattrapa à temps et la recueillit au creux de sa paume.
Chapitre VIII
Tout est bien qui finit bien !
Toutes les mines étaient déconfites. Le jardin entier était dans tous ses émois.
Mais lorsque les Poininis virent Clara illuminée d’un radieux sourire, ils comprirent qu’ils avaient encore devant eux un bel avenir. Soulagés, les Poininis et tous leurs amis crièrent des « hourra » de bonheur !
-Tu nous a tous sauvés. Nous t’offrons ce collier, symbole de nos remerciements et de notre sincère amitié. Prends-en grand soin, car seule la Perle Courage pourra t’inspirer, quand tu en auras besoin.
Clara était émue. C’était la première fois qu’elle vivait une pareille aventure !
Puis un bruit se fit entendre derrière un buisson. C’était Magipois qui avait assisté à la scène. Il s’était enfui comme un lâche, mais pour se racheter il proposa un joli cadeau.
-Mes amis j’ai une idée ! Plutôt qu’un collier, ne pourrais-je pas créer une gourmette spéciale, rien que pour Clara. En l’honneur de ce jour et de sa bonne action, elle mérite un bijou d’exception !
-C’est une belle idée approuva Minipois.
-Mais n’oublie pas Clara. Tu dois absolument garder le secret sur notre existence. Les nains vont crier vengeance et ne cesseront pas de rechercher des alliés. Vas et grandis. Nous ne t’oublierons jamais. Une nouvelle gardienne est née dans nos cœurs.
-Rendons-lui hommage et chantons notre comptine préférée, lança Studipois.
Un, deux, trois
La chanson des Poininis et Cie
« Nous sommes heureux, nous sommes joyeux
Nous les petits pois de la chance
Petits cœurs plein de confiance
Tout verts, tout ronds, toujours délicieux.
Car dans la vie, il faut des amis
Avec qui sourire, chanter et partager
Petits cœurs prêts à aimer,
Tout verts et bien mignons, toujours bénis ! »
Tout est bien qui finit bien ! Pas vrai ? Et bien non, pas tout à fait. Car les petits pois, tout excités ne se sont pas demandé comment Clara avait fait pour l’emporter.
Lorsque le soir tomba et que l’heure du coucher sonna, Clara, allongée sur son lit, observait le bracelet à son poignet. Bien qu’elle fût heureuse pour les Poininis, une larme coula. Ses parents lui avaient appris que sa grand-mère était très malade et qu’il fallait rester auprès d’elle pour ses derniers instants. Clara, bien triste décida qu’il était temps de faire un vœu. La Perle Courage brillait, c’était le signe qu’elle était prête. Clara aussi était prête et ferma les yeux :
-Petite Perle, m’entends-tu ? Je voudrais tellement que mamie aille mieux. Petite Perle protège-la…
Attends. Il me semble bien que…
Au dernier moment Clara réfléchit et se ravisa. Qui allait protéger les petits pois des méchants nains maintenant qu’ils n’avaient plus leur Perle ? Romus avait promis qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Clara reformula son vœu et s’endormit avec le sentiment d’avoir réussi. Même si son vœu n’était pas pour elle, elle savait, que dans son cœur, elle trouverait le courage et la volonté… Voilà la réponse à la devinette qu’elle avait posée au nain. Mon premier était le vol, mon deuxième un pronom personnel, le on et mon dernier le thé. Le mot que la charade formait était la volonté. Une qualité qui aide chacun d’entre nous à avancer lorsque la vie parfois se fait bien grise…
Les Poininis se réveillèrent un matin et s’aperçurent qu’il n’y avait plus de danger…Le souhait de Clara avait été exaucé. Car depuis cette histoire, les nains sont devenus immobiles. Ce sont désormais des statues placées dans le jardin pour décorer les allées. Leur sourire machiavélique restera figé pour l’éternité, vestige de leur méchanceté passée. Alors n’oubliez pas. Chaque jardin abrite un trésor et peut-être qu’à votre tour, tout comme Clara, vous y ferez une belle rencontre…
FIN
- savonootsieet voilà, je rempile cette année pour le@TandemJeunessese de belles rencontres auteur /illustrateur en perspective
- LnillustrationsAujourd'hui 20h, ouverture des inscritpions pour @TandemJeunesse 2012, 10ème édition. RDV ici les kikitandem-jeunesse.frSD








Sympathique projet ! J'adore l'air légèrement sournois du nain en cabochon rond !
Bonne chance à votre projet.
Merci à toutes et les deux et bonne chance à vous