Projet Tandem Jeunesse #9
Petit pois deviendra grand

Réalisé par...

Lili Fanti auteur

Bonjour, J'écris par plaisir, pour m'amuser et par besoin de retrouver mon monde imaginaire. C'est ainsi depuis l'enfance. Et le métier "officiel" que j'exerce n'a rien à voir avec l'écriture... Je me réjouis de participer au projet Tandem, à très bientôt, au plaisir de vous y retrouver ! :-) Lili

Magik annaick illustratrice

Aquarelle, papier découpé....je suis illustratrice jeunesse ! J'aime les techniques manuelles qui servent les histoires des auteurs ! Je vous propose mes doigts ( et les pinceaux qui vont avec ! ) afin créer un tandem de choc.

Informations

Livre (album, BD, ...)
Conte
3 - 12 ans, enfants
environ 1471 mots, 5753 signes

Résumé

Je me présente, je m’appelle Julien, j’ai six ans… Aujourd’hui, il est arrivé une catastrophe : maman a mangé des petits pois. Je lui avais pourtant signalé qu’il ne fallait pas avaler ces horribles petits êtres verts… Trop tard… Le mal est fait… Et voilà maintenant que son ventre gonfle…

Illustrations

Texte

Maman a mangé des petits pois aujourd’hui. Je ne sais pas pourquoi, je ne les sentais pas cette fois-là, avec leurs têtes d'extra-terrestres, je me suis dit :

-« Ils sont louches, ces pois-là! »

Et j'avais raison de me méfier. Ce jour-là, je n'en mangeais aucun. Je décrétais que les petits pois, ce n'était pas bon, que je n'aimais plus ça...

-« Oui mais la dernière fois, tu en as mangé pourtant... »

-« Hé bien, les goûts changent! »

Ces grands! Incorrigibles! Il faut tout leur expliquer. Comme si à 6 ans, 58 jours et 30 minutes, je devais avoir les mêmes goûts qu'à 6 ans, 21 jours et 5 minutes... Et puis, les légumes verts, j'en avais assez. La veille déjà : les courgettes... L'avant-veille : les haricots verts, et pire, il y a trois jours, les épinards!

Une invasion de petits êtres verts, voilà ce qu'était mes repas. Alors cette fois, j'ai dit non!

On dut sentir ma détermination car on n’insista pas. Maman mangea son assiettée d'aliens, en me jetant un drôle de regard. Ah maman, si j'avais pu te sauver à cet instant-là ! Sortir mon épée magique et embrocher cette vermine de pois verts en enfilade.

Hélas, le mal était fait! Les pois étaient partis dans son ventre et sans doute, parmi eux, Max le terrible, l'alien qui se nourrit des entrailles de ma mère... Max le terrible, c’est le nom que je lui ai donné. Il ne perdait rien pour attendre celui-là ! C’était sûr, un jour, je l’aurais !

Car depuis ce malheureux repas, le ventre de maman se mit à grossir. Rien d’alarmant au début, juste un petit bombé, de ceux qu’on voit quand on a mangé trop de bonbons ou de gourmandises…

Pas de ce genre d’abus avec Maman, plutôt un style d’indigestion.

Les petits pois, forcément, c’était eux, elle ne les avait pas digérés. Pauvre maman, et voilà maintenant qu’elle était malade… Toute pâlotte, la mimique écœurée, la main sur le cœur, voilà qu’elle partait vomir dans l'évier.

Vilain pois vert, vilain ! Si je pouvais, j’irais le boxer dans le ventre de ma mère, mais je risquerais trop de lui faire mal à elle, la pauvre, ma chère maman… Les mois passèrent et l’alien grossit. Je l’imaginais avec sa grosse tête verte de glouton dans le ventre de maman.

Un pois dans le ventre, qu’elle avait… Un pois ? Non, un poids, il n’y avait qu’à voir comment elle se tenait le dos cambré en arrière pour résister au boulet qui la tirait vers l’avant. Que faire ? Le pire, ce fut quand elle se mit à le caresser de l’extérieur et à lui parler doucement, de cette voix qui m’était réservée, le soir au coucher ou le matin au réveil.

Le traître ! Voilà qu’il l’amadouait de l’intérieur ! Maman était trop bonne : non contente d’accueillir cet intrus en elle, voilà maintenant qu’elle s’adressait à lui avec tendresse !

-« Maman, non ! Arrête ! C’est un alien, il est dangereux ! Il va grossir et… »

Là, ma voix se cassa. Je ne pus continuer à l’idée de ce qui allait arriver. Car c’était sûr, le pois allait grossir, encore et encore… et un jour, il exploserait ! Il crèverait le ventre de ma mère et me sauterait à la figure. C’était horrible !

Vite, je retournais dans ma chambre et déballais tout ce que j’avais d’armes les plus terribles. Ce pistolet laser intergalactique, sûr qu’il allait commencer à le désintégrer. Et ce fusil de cow-boy : il ne faisait pas beaucoup de bruit mais il envoyait des billes jaunes par dizaines, et il y en aura bien une pour se loger en plein cœur, là où ça fait mal.

Allez, vaille que vaille, je pris aussi ma mitraillette à eau. J’allais faire le plein de munition au robinet de la salle de bains. J’étais prêt ! Que l’intrus se pointe et il serait accueilli par la grande artillerie !

-« Juju ! Où es-tu mon Chéri ? Viens, nous allons manger… Oh ! Aïe ! Mince, je crois que c’est le moment… » dit-elle en grimaçant et en se tenant le ventre.

Là, tout s’enchaîna très vite. Papa partit en courant sortir la voiture. Tante Armelle fut appelée d’urgence, pour rappliquer en vitesse… L’explosion était proche, je le sentais. Il l’emmenait loin, pour ne pas me montrer ce spectacle terrible, mais du haut de mes 6 ans 330 jours et 15 minutes, j’avais tout compris de ce qui se passait.

Maman, ma chère Maman, qu’allait-il lui arriver ? Papa ne pourrait surement pas la sauver, il n’avait pris aucune arme sur lui, pas même une clé, et pire, dans la précipitation, il n’avait même pas enfilé une tenue de combat digne de ce nom : il avait filé en caleçon blanc à pois rouges, et son tricot blanc trop large… Ridicule !

Tout cela me contraria fortement. Je décidais de tenir le siège dans ma chambre. Tant pis pour tante Armelle, ce soir, elle regarderait la télé toute seule, j’avais d’autres priorités… La nuit était avancée  quand on tapa à la porte de ma chambre.

Bien sûr, je ne dormais pas, j’attendais l’alien… Ce n’était que tante Armelle :

-« Julien, ça y est, ta Maman a mis au monde un bébé. Tu as un petit frère… »

Quoi ? Qu’est-ce que c’était que cette blague ? Frère d’un pois vert géant ? Ah non, merci !

-« Il s’appelle César, et il paraît qu’il est très beau. Il te ressemble ! »

Ca alors, il ne manquait pas d’air, les grands ! Décidément, ils ne comprenaient rien.

-« Mais qu’il se pointe le César, je vais lui montrer mes armes, moi ! »

 

Effectivement, Julien montra ses armes à son petit frère, mais quelques mois plus tard, à 7 ans 126 jours et 6 minutes…

Bravo c'est un super projet ! J'aime beaucoup cette vision de l'arrivé d'un petit frère. C'est très drôle. Et les illustrations sont superbes.

Merci!

un joli texte rondement mené et illustré en douceur. Par contre je n'ai pas compris la chute...
bravo à vous 2

J'avais beaucoup aimé la première illu : un univers tout en douceur et plein de vie (c'était l'un de mes choix de départ:). Bravo à toutes les deux pour ce joli projet et bonne continuation à lui !

Merci pour tous vos encouragements !

Ah, j'aime bien ! Narration pleine d'humour et de vitalité ! Quant aux illustrations : Révérence !

- Réalisation : Fabrice Mérault & Ln -