Projet Tandem Jeunesse #9
STANISLAS

Réalisé par...

Cécile Alix auteur

Petite, lorsque l'on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais "rêveuse", on me disait alors : "Mais ce n'est pas un métier, ça !", alors je poursuivais : "Quand je serai grande, je serai poète..." Je me suis lancée dans l'écriture jeunesse il y a un an après 10 années d'écriture de théâtre jeunesse. Depuis le TJ9, où nous avons créé STANISLAS, PPM et moi, j'ai fait ...

Petite patte maladroite illustrateur

plein de choses encore a faire et certaines déjà faites ou en cours de réalisation... Un carnet guide d'activités pour les enfants, deux projets et meme plus avec la géniale Marie Zimmer et un carnet de voyage en cours avec un monsieur parti de Montaigu jusqu'à Jérusalem et le tout a pied rien que ça...super projet.

Informations

Livre (album, BD, ...)
Art poétique
Pour tous
environ 7388 mots, 23879 signes

Résumé

L'histoire d'un garçon à la Prévert... Esprit libre... Tête à l'envers...

Illustrations

Texte

Genre : Histoire fantaisiste et flânerie poétique...

Public visé : Lecteurs de 8 à ... ans !

12 520 signes  (avec des espaces... de la taille d'une enjambée de Stanislas !)        


STANISLAS


Stanislas n’est pas un garçon ordinaire.


            « Quel drôle d’oiseau ! » Disent les uns...

            « Il travaille du chapeau ! » Disent les autres...

            « C’est un hurluberlu, un farfelu,

            Une girouette, un bon à rien !

            Il n’en fait qu’à sa tête, on n’en fera rien ! »

            Et tout le monde s’accorde à penser que Stanislas est beaucoup trop...

Insupportable

            Pas assez...

Normal.

 

*

 

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Au zoo

            Il voit le lion dans sa cage.

            Avachi, ramolli, la mâchoire béante de mélancolie.

            Les clés.

            La tête en bas.

            À la ceinture du geôlier

            Grelottent.

            Sous la crinière délavée, ramollissent les idées.

            Le gardien s’en moque.

            Les clés frémissent.

            Stanislas saisit le trousseau transi.

            Il ouvre la cage.

Il dit :

 « Allez vous divertir, l’ami, aujourd’hui c’est jour de liesse, tout est permis ! »

 

            Le lion bondit.

            Il se balade toute la soirée et une moitié de nuit.

            Évidemment.

            Il affole la population.

            Forcément.

            Panique dans la circulation.

 

            « C’est insensé, c’est inouï ! braillent les képis, quelle idée folle

De libérer pareille bestiole ! »

« Enfermer un lion, vous trouvez ça normal ? » répond Stanislas.

 

            Et.

            À cheval sur l’animal

            Il détale.

 

*

 

Autour de lui on s’indigne, on s’énerve, on maudit.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Il pleut. À petits pois.

            Puis. À gros grains de pluie.

            L’orage éclate, les piafs s’ébattent

            Il y a dans l’air comme une chanson...

            Tombent la veste, le pantalon. Stanislas se retrouve en caleçon.

            Il gambade sous la pluie, virevolte et danse, enchaîne les entrechats.

            Les moineaux avec lui.

Il crie aux passants ahuris :

            « Aujourd’hui, c’est jour de vie, mes amis, gadouillons, pataugeons

 Jouons à saute-poissons ! »

 

« Sssaugrrrenûûû, sssûûûrrréaliste, absssûûûrrrde !

            S’offensent ces dames, sachez Monsieur que le trottoir n’est pas votre baignoire ! »

 

« Oh, très chères, vous ne swinguez pas in the rain ?

            Répond Stanislas, voyons, voyons, laissez-vous faire... un tango, une java...

Une petite valse ? »

 

            Elles restent sans voix.

            Il continue.

 

*

 

Autour de lui on s’irrite, on se fâche, on s’aigrit.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Il entre dans l’école.

            Là,  un maître et des enfants

            S’ennuient.

            La Chanson d’Automne s’ânonne monotone

            Et la poésie s’ennuie aussi.

            Stanislas

            Dans la classe

            Surgit.

            Il ouvre la fenêtre.

Dehors

            Le  printemps s’affaire.

            Il y a le nid d’un rossignol dans le tilleul

            Le tilleul qui fleure dans les courants d’air

            Les courants d’air qui dispersent les graines

            Les graines qui volent dans le ciel

            Le ciel qui entre dans la classe

            La classe qui saute par la fenêtre

            La fenêtre qui s’ouvre sur la cour

            Les coquelicots rougissent et dorent les pissenlits.

 

Là-haut, la larme collée au carreau, le sanglot long d’un violon sourit.

 

*

 

Autour de lui on s’agite, et l’on gronde, et l’on rugit.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Les pieds dans la lune, la tête sous sa bulle

            Il bat le pavé.

            Déambule, ondule

            Sur la chaussée.

            Les taxis klaxonnent, bourdonnent les téléphones

            Les talons cliquètent, slaloment les baskets.

            Le temps passe en s’essoufflant.

            Il aimerait faire une pause de temps en temps

            Mais il n’a pas le temps :

            Il court. Il court toujours!

            Suffoquant, haletant, il appelle au secours

            Mais personne ne l’entend.

 

Dans sa bulle hors du temps, Stanislas tend l’oreille

Renonce à bayer aux corneilles

Puis.

Cheveux au vent et bras en l’air (ou le contraire)

Il orchestre l’instant.

Il parle aux pendules, aux horloges, aux solaires cadrans.

Il compte les heures, règle les distances.

À la seconde près.

 

            De demi-temps en temps plein.

            L’espace d’un instant

            La foule des impatients

            Marque

            Un temps d’arrêt.

Une minute de silence.

 

*

 

Autour de lui on s’écrie, on se fronce, on se méfie.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Passe devant un grand restaurant.

            Nappes blanches, serviettes blanches, toques blanches

            Couverts d’argent.

            Les clients en habits du dimanche un jour de semaine

            Chuchotent.

            Pas de fausse note.

            L’ambiance est mondaine

Et le maître d’hôtel

Solennel

Raide comme un piquet.

            Stanislas pousse la porte

            En tourniquet.

            « C’est d’un ennui ici ! », dit-il en sortant ses couleurs.

           

            Il saute sur les tables

           Dessine à la cantonade

Des billes de limonade sur les chignons tirés

Des traits de génie sur les mines renfrognées

Une pointe de vie sur un collet monté.

            Et même, oui même !

            Deux boucles anglaises sur moustaches japonaises !

 

De touches de pastel

En soupçons d’aquarelle

Il grenadine la poudre de riz

Déguise les décolletés

Pare les cravates unies

De mille pétales dorés

            Sur le maître d’hôtel...

            Un arc en ciel  de confettis bleus.

 

*


Autour de lui on s'excite, on s’élève, on réagit.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Sur le toit de l’usine

            Les cheminées crachent

            Une fumée qui poisse

            Un fumet qui encrasse.

Dans les maisons voisines

Les enfants toussent à l’unisson.

 

            Stanislas se glisse entre les machines

            Dévisse les boulons, décroche les pistons.

            Et dans l’huile des moteurs, au cœur des réservoirs

            Il déverse en sifflotant des rivières de fleurs.

 

Parfum de muguet, bouquet de jasmin dans la buée noire.

 

            Les cheminées rigolent et fument en tanguant

            Les tiges de tournesol, de lys et d’encens.

 

*

 

Autour de lui on glapit, on s’emporte, on défie.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Sur les tuiles de la ville

            À petits pas agiles, en foulées légères

            Le défilé discret des chats de gouttière.

 

Les bourgeoises rabajoisent :

 « C’est qu’on ne les aime pas ces matous là !

Toujours à voler, filouter ça et là ! »

            Au bout des laisses

            Déprimés, leurs toutous pékinoisent

            Sur les canapés, leurs persans obèses siamoisent.

 

À la barbe des mémères

 Stanislas délivre les félins de race

Libère les chiens-chiens pépères...

 

             Et tout ce petit monde à pattes

            Jappant et miaulant, laissant là la fortune

           Sur les toits se carapate.

 

Au clair de la lune

Un caniche royal enlace une roturière.

 

*

 

Autour de lui on fulmine, on aboie, on blêmit.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Devant la mairie

            Monsieur le président discourt

            Il s’écoute parler, rit

            De ces mauvais calembours.

            Son public somnole, l’épaule molle, l’air prostré

            Un petit garçon a mal aux pieds dans ses souliers vernis.

            Immobile dans les nuées, le soleil cuit et recuit.

 

            Stanislas, se lasse.

            Il grimpe sur la tribune, arrache le micro

            Pousse de côté le pompeux ventripotent.

« Dites, monsieur l’élu, vous avez fini bientôt ?

Vos blablas nous agacent et on n’y comprend mot ! 

Tout le monde a chaud, tout le monde attend

Le banquet que la ville nous offre gracieusement ! »

 

            L’illustre orateur en avale sa langue de bois.

            L’assemblée réveillée, applaudit de joie.

            Tous vont trinquer sous les arbres de la place.

 

Un enfant rieur aux pieds nus, embrasse Stanislas.

 

*

 

Autour de lui, on s’exaspère, on s’affole, on se met en colère.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Dans le jardin public

            Pelouse interdite.

            Les gamins s’interrogent devant la barrière.

            La dame-pipi les lorgne, sévère.

 

            Iront ? Iront pas ?

            Ne peut pas loucher ailleurs, cette ronchon-là ?

 

Stanislas se rhabille et sort des toilettes.

De peur qu’il omette de poser sa piécette

Madame des Cabinets tourne la tête.

 

            Ni une ni deux !

            Du côté des loupiots, on enjambe la grille !

            Chatouillis joyeux sous les jonquilles

            Envol gracieux de mottes de gazon

            Réveil affolé d’un ou deux hérissons.

 

            Très chère de la Tronche en Biais

            S’étrangle sur son tabouret.

« Ne faites pas la grimace »

La console Stanislas

« Ce ne sont que des gosses, vous n’êtes pas Carabosse ! »

 

 

            Main dans la main, dans les herbes folles

            Une dame-pipi et dix ouistitis

            Farandolent.

 

*

 

Autour de lui, on s’aiguise, on s’échauffe, on se volcanise.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

            Dans ce beau magasin

            « Il ne faut toucher à rien ! »

            C’est écrit en lettres penchées

            Sur un écriteau doré.

 

            Le problème de Stanislas...

            C’est que là, à côté de la glace

            Sur le rayon du haut

            Oui ! Tout près de ce pot...

             Il y a un machin qu’il tripoterait bien !

 

            Que faire quand on a envie de faire ce qui est interdit ?

 

« Mademoiselle, aux yeux si doux

Voulez-vous bien

S’il vous convient

Me montrer ce petit machin ? »

Demande-t-il à la vendeuse.

             « Celui-ci, monsieur ? »

« Oui, merci, vous êtes délicieuse ! »

 

             Le machin dans les mains

             Stanislas n’a plus d’yeux

             Que pour la demoiselle de magasin.

 

Sous la chemise, son cœur friselise.

 

*

 

Autour de lui, on enquête, on s’inquiète, on se soucie.

Mais Stanislas sourit. Il va, il vient, il vit sa vie.

 

              Il pirouette sur les trottoirs

              Girouette sur les clochers

              Tourbillonne dans les squares

              Sautille dans les allées !

 

              Il a des envies de caresses, des envies de tendresse

              De faire la révérence au petit cordonnier

              D’orner de cerises l’oreille des mémés !

 

...De papillonner, de s’évaporer, de nuager

D’embrasser qui vous voudrez...

 

              De chatouiller son banquier à la plume de pigeon

              De  fanfaronner au trombone à piston.

 

Il lui vient des idées folles de voyage en ballon

De navigation, dans les rigoles, en voilier de papier...

 

               Il barbotte dans les fontaines, batifole dans les ruelles

               Déclame des poèmes debout sur les poubelles.

               Il renverse le facteur qui passe à bicyclette.

               Dans son cœur, la chamade trompette.


Qu’il neige, qu’il vente qu’il pleuve

Dans ses yeux, le ciel se fait radieux

 

Stanislas est amoureux.

 

*

 

Cette fois-ci, c’en est trop, on se groupe, on s’amasse

On pourchasse, on s’unit

Pas question pour Stanislas

De continuer ainsi !

 

            Il ne court pas assez vite, l’ami !

            Tête à l’envers, cœur mis à nu

            De bond de grenouille en saut de cabri

            C’est à peine s’il parvient en bas de la rue.

           

Déjà grondent tout autour, les voix de la raison

Qui s’avancent en cadence, au pas de bataillon.

           

            On le chipe, on le chope, par le col de son veston

            Et sans plus de façon, on le pousse dans un fourgon.

            Bâillonné, mains liées, on le jette en prison.

 

Le silence des quatre murs crisse.

 

*

 

Pourtant.

            Stanislas sourit.

            Il va, il vient, il tourne en rond

            Au fil des heures, des jours et des saisons...

            L’araignée file sa toile, écarte les barreaux

            Au dehors, les étoiles, la lune dans un halo.

 

Prisonnier qui s’enfuit sans dire un mot

Funambule sur le fil de ses pensées.

 

            Sans laisser de trace, Stanislas s’est évadé.

 

*

 

Il laisse derrière lui

Celui qui juge à coups de lois.

L’homme de peu de joie

L’homme de mauvaise foi

La ruche des chiens qui aboient.

 

Jamais il ne sera comme on voudrait qu’il soit.

 

 Stanislas est un poète...

Il chante à cloche-pied, il rie à tue-tête

Il va, il vient, il rêve...

Il gagne le large... voyage...  sans bagage...

 

Il sourit à la vie.

...

Troooooop beaux ces dessins!!!!

Quel beau projet, bravo !!

Je suis littéralement sous le charme !!! Magnifique !

Je suis littéralement sous le charme !!! Bravo !!!

Magnifique, magique, rolala je suis sous le charme, pour l'instant je crois que c'est le plus projet que j'ai pu voir ici... j'en suis toute chamboulée ! Un grand bravo d'admiration... J'espère vraiment qu'il trouvera un éditeur !

magnifique! extrèmement bien écrit et illustré et une belle originalité! J'achète! ;-)

J'en reste sans doigt !! Bravo

Superbe ! L'histoire et géniale ! et les illustrations vraiment belles !

C'est un de mes préférés.
Bonne chance à vous deux !

Génial ! Bravo !

Super bien écrit ! Illu pleines de charme. Et mon copain qui s'appelle Stanislas... :) N'en jetez plus !

Je suis baba devant ce projet! Le texte est totalement débridé, aussi libre que le héros ( j'ai adoré "les bourgeoises rabajoisent"!!) et les illus sont magnifiques, j'ame particulièrement celle avec les chats, les toits sont sublimes!

j'A-DORE : et les dessins, et le texte !
Un de mes gros coups de coeur du tandem !
Bravooooo !

J'adoooooooore ! Ce Stanislas ! Quel zouave !

Ce que vous êtes agréables à lire, tous !!!
Pour ma part : joues coquelicotantes et prunelles humides : émue !
Merciiiiiiiiiii !

J'y reviens tellement j'aime, et plus je regarde ça, plus je me dis que ça ressemble à du Quentin Blake, alors j'adoore encore plus !!
BRA-VO !

Ah, merci Gudule, ça va faire plaisir à Petite Patte, ça ! (il adore ;)

Cest clairement le type de livre que j'aimerai avoir dans ma bibliiothèque!!

Une belle liberté et du dynamisme, j'aime beaucoup votre projet, bravo à vous!

Très beau projet ! Le texte et les illus s'accordent à merveille !

Un super texte... Bravo Ti Mousse! Les dessins sont plutôt sympa;
Super tandem

Troooooooop beau bravo à ce tandem au top ! :)

J'adoooooooore ce projet!!! je suis raide dingue de tes illus petitespattemaladroites!! le texte est extra!! bravoooo!

Le texte est excellent et les illustrations collent à la perfection ! Vous faites un super duo

... joues rouge pivoine, à présent !
Merci pour vos passages charmants !

J'adore ! Petite Patte, quand tu veux pour une collaboration ! Bonne chance à votre projet.

Bravo à vous deux. Tout est si bien amené :)
Projet qui se niche aisément dans mon petit top 3.
(ppm : chouette voit des pommes partout...)

Bravo à vous deux. Tout est si bien amené :)
Projet qui se niche aisément dans mon petit top 3.
(ppm : chouette voit des pommes partout...)

On a envie de chanter le texte ! Il est très frais et joyeux. Les illustrations sont belles également.
Bravôôô pour ce projet & bonne chance pour la quête conquête d'une maison des Dissions.
*;-)

Un beau projet plein de poésie. Bravo à vous deux.

Que dire de plus? Poésie, fantaisie, charme... il y a tout ! Un bien beau projet, vraiment !

Superbe boulot, ce projet ! Quelle plume tu as, Ti mouss ! Le texte est ciselé, avec autant de précision qu'un bijoutier apporterait à la taille d'une belle pierre. Tu sèmes tes trouvailles à tout va... un vrai petit poucet ! Et ce personnage... c'est comme s'il était là, tout près. Bravo, mille bravos ! Bravo à toi aussi, petitpatte, l'émotion est au rendez-vous. La légèreté, la liberté et la joie habitent chaque illustration, et c'est un régal. J'espère de tout coeur que le caractère atypique de ce projet et que son calibrage inhabituel ne rebuteront pas les éditeurs. Bonne chance !

- Réalisation : Fabrice Mérault & Ln -